Rosedale Junction et Corn Flakes and Coffee : un voyage vibrant à travers le Blues Americana
- Stevie Connor

- 9 août
- 4 min de lecture

Le dernier album de Rosedale Junction, Corn Flakes and Coffee, est une véritable performance magistrale dans l’art du Blues Americana — un genre né au carrefour de la tradition et de l’innovation, enraciné dans le blues mais s’étendant sans cesse vers la country, le bluegrass, le R&B et le rock ’n’ roll. Le multi-instrumentiste et auteur-compositeur primé basé à Boston, Toby Soriero, livre une fois de plus un album à la fois intemporel et frais, témoignant du cheminement évolutif du groupe à travers le spectre de la musique country.
Le nom du groupe, Rosedale Junction, porte un poids symbolique fort. Il rend hommage au mythe légendaire du croisement lié à l’icône du blues Robert Johnson, qui aurait passé son pacte avec le diable à l’intersection des routes Highway 1 et Highway 8, juste au sud de Rosedale, Mississippi. Ce carrefour mythique représente bien plus qu’un lieu ; c’est une métaphore pour le point de rencontre de toute la musique issue du blues — Americana, country, rock ’n’ roll, folk et bluegrass. Bien que le groupe soit basé à Boston, Massachusetts, ce nom incarne parfaitement leur mission : prospérer à l’endroit où la tradition et l’innovation se rencontrent.
Le parcours musical de Toby Soriero a commencé à l’âge tendre de neuf ans, étudiant la guitare auprès du guitariste de jazz du Connecticut, Ron Stebbins. Ayant grandi durant l’âge d’or du rock en album, Soriero a absorbé les influences de légendes de la guitare comme Eric Clapton et les Three Kings — B.B., Albert et Freddie — tandis que son écriture s’inspire des maîtres conteurs tels que Bob Dylan, Rodney Crowell, Kris Kristofferson et The Band. En tant que principal auteur-compositeur et arrangeur du groupe, Soriero crée une riche tapisserie sonore qui constitue l’ossature du style authentique de Rosedale Junction, alliant virtuosité technique et lyrisme évocateur.
Dès le morceau d’ouverture, « Corn Flakes and Coffee », les auditeurs sont plongés dans un paysage sonore chaleureux et richement texturé, où la voix soul de Sam Tuten flotte aisément sur le jeu de guitare précis de Soriero et les envolées d’orgue de Phil Madeira. Les paroles évocatrices peignent un tableau vif de lutte et de nostalgie, capturant ce sentiment universel de réveil désorienté et de recherche de clarté — « Tu te demandes comment tu y es arrivé / Tu te demandes comment t’en débarrasser. »
Le talent de Soriero en tant qu’auteur brille par son honnêteté brute, équilibrant mélancolie et humour grinçant alors qu’il chante les épreuves de la vie et ses moments fugaces de réconfort : « Si tu veux m’acheter une bière froide / Emmène-moi dans un bar proche / Mais si tu veux rester dehors toute la nuit / Ferme la porte et éteins la lumière. » Ce récit poignant, associé à la subtilité de la pedal steel guitar et aux voix d’accompagnement superposées, fait de « Corn Flakes and Coffee » un morceau phare qui donne le ton émotionnel à l’album entier.
Les sept morceaux originaux de Corn Flakes and Coffee proposent un mélange riche de sons imprégnés de blues américain, allant de ballades touchantes à des morceaux plus entraînants et dansants.
C’est le cas notamment de « Diggin’ Up the Turnips », un morceau entraînant et rythmé avec une véritable ambiance zydeco. Avec son rythme vivant, son accordéon sautillant et le jeu énergique du violon de Vito Salvatore Gutilla, cette chanson évoque la vie rurale, le dur labeur et la célébration joyeuse — « Travailler toute la journée jusqu’au coucher du soleil / La terre s’amoncelle comme une neige brune fraîche. » C’est un morceau qui invite à taper du pied et à applaudir, apportant une bouffée d’énergie et de couleur à la palette sonore de l’album.
L’album est encore enrichi par la présence d’artistes invités de haut calibre — les lignes de piano contagieuses de Roger Smith, les textures subtiles du clavier de Phil Madeira, la batterie soutenue et entraînante de Jim Riley, ainsi que l’harmonica évocateur de Trent Williamson ajoutent tous des couches de profondeur et d’authenticité. Ces collaborations soulignent la vision de Soriero et l’engagement du groupe à créer un son qui honore le passé tout en avançant vers l’avant.
La trajectoire de Rosedale Junction est marquée par une croissance constante et impressionnante. Leur premier album, Stompin’ on the Front Porch (2021), a été nommé Album de l’Année par Blues and Roots Radio. Le suivant, The Last Rodeo, a atteint la première place du classement Country Blues de Roots Music Reporting, tandis que leur précédent opus, Goin’ Off the Rails, comportait « 309 Buckland Street », lauréat du Concours de composition de chansons de la Nouvelle-Angleterre 2023 (Catégorie Blues). Avec Corn Flakes and Coffee, le groupe poursuit cet élan, offrant sept chansons originales qui représentent une évolution naturelle et enthousiasmante de leur son.
Dans un paysage musical saturé d’artistes Americana et blues, Rosedale Junction se distingue par sa passion authentique, son excellent savoir-faire musical et un son qui rend hommage au passé sans s’y enfermer. Corn Flakes and Coffee n’est pas seulement un album ; c’est un voyage au cœur de la musique roots américaine, porté par l’une des voix les plus prometteuses du genre. Pour les fans anciens comme nouveaux, cette sortie est un incontournable — une balade musicale chaleureuse, accueillante et pleinement réjouissante.

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