Ariana Gillis – « Freedom » : une chanson écrite il y a dix ans qui semble plus urgente que jamais
- Stevie Connor

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Par Stevie Connor | The Sound Cafe | Exclusive

Il y a des chansons qui vieillissent comme le vin, gagnant en profondeur et en résonance avec le temps. Et puis, il y a des chansons qui ne se contentent pas de vieillir : elles traversent les années avec une précision qui vous fait vous arrêter, prendre une respiration et vous demander comment elles peuvent sembler si immédiates, si pertinentes, si nécessaires. « Freedom » d’Ariana Gillis est l’une de ces rares chansons.
Je suis un admirateur de longue date d’Ariana, l’une de mes auteures-compositrices préférées de tous les temps. Elle est originaire de Toronto, mais sa musique a toujours eu une portée bien au-delà de la géographie, abordant des vérités universelles avec une clarté que peu d’artistes atteignent. Si vous avez écouté mon émission de radio au fil des ans, vous m’avez probablement entendu m’enthousiasmer pour elle, surtout il y a une dizaine d’années, lorsque ses premiers textes m’ont littéralement bluffé. Aujourd’hui, en réécoutant « Freedom », je me rappelle pourquoi.
Ce matin, Ariana a partagé la chanson en ligne, la légendant simplement : « Just putting this here… wrote this song over 10 years ago… » (« Je mets ça ici… j’ai écrit cette chanson il y a plus de 10 ans… »). Et pourtant, son message semble plus urgent que jamais.
Freedom, freedom, where have you been ?
Les premières lignes frappent comme un éclair : « Light, quick lightening, thundering, blundering. I said a prayer, I inked it to my arm, I inked it to my arm. » L’urgence, l’insistance, le désir de vérité — tout cela est palpable. Plus d’une décennie plus tard, ces mots résonnent sur le fond d’un monde qui se débat avec des questions de liberté, de justice et de souveraineté personnelle.
Les images de la chanson sont frappantes : armes et soldats, balles, patrouilles. Ariana ne fuit pas la tension d’un monde où la liberté semble fragile, insaisissable et, parfois, douloureusement bafouée. Dans un climat politique marqué par la polarisation, la désinformation et l’instabilité mondiale, ces paroles apparaissent étrangement prémonitoires.
Ce qui rend « Freedom » si saisissante, c’est la manière dont Ariana équilibre réflexion personnelle et observation sociétale. Elle écrit sur la perte et la recherche, mais la chanson ne sombre jamais dans le désespoir. Même lorsque les paroles confessent : « My future’s dead, shot in the head, forgive me, don’t care about nothing » (« Mon futur est mort, abattu d’une balle dans la tête, pardonne-moi, je me fiche de tout »), il y a une lueur, une reconnaissance que la vérité, la lumière et l’intégrité ne sont pas seulement à poursuivre : elles sont essentielles.
Le talent d’Ariana en tant que compositrice réside dans sa capacité à voir à travers le bruit. Ses paroles transcendent la distraction et le sentimentalisme, parlant directement à l’auditeur avec à la fois empathie et précision. C’est une compétence rare, qui a attiré l’attention sur son travail dès son premier album To Make It Make Sense en 2009, lui valant des distinctions telles que le Niagara Music Award de l’Auteur-compositeur de l’année et le Canadian Folk Music Award de la Jeune interprète de l’année.
Ses débuts ont été marqués par des prestations remarquées dans des festivals comme Hillside, Mariposa Folk, Summerfolk et Blue Skies, ainsi que par la reconnaissance de figures majeures de l’industrie comme Dave Marsh, Bob Ezrin et Bruce Lundvall. Elle a ensuite enregistré The Maze en 2018 à Nashville, produit par le lauréat d’un Grammy, Buddy Miller, aux côtés de son père, David Gillis.
Bernie Taupin l’a qualifiée de « la chose la plus excitante que j’aie entendue depuis très longtemps » et l’a ensuite décrite comme « une force avec laquelle il faut compter ». Tout cet éloge, cependant, ne peut saisir la puissance durable d’une chanson comme « Freedom », une chanson qui semble aussi vitale aujourd’hui qu’au moment où elle a été écrite.
En l’écoutant aujourd’hui, il est difficile de ne pas entendre l’écho des tensions mondiales et nationales actuelles. Le désir de vérité et de justice, la frustration face aux promesses brisées, la recherche de clarté dans un monde rempli de fracas et de distractions, ces thèmes sont partout. Et Ariana Gillis les transmet sans donner de leçons, sans sentimentalisme et sans compromis.
Certaines chansons sont intemporelles. D’autres disent la vérité, et cette vérité continue de nous atteindre. « Freedom » est les deux. Écrite il y a plus de dix ans, elle revient dans notre conscience à un moment où les questions qu’elle pose — sur le pouvoir, le contrôle et l’essence de la liberté — n’ont jamais semblé aussi urgentes. Ariana Gillis nous rappelle que la musique n’est pas seulement un art : elle est témoin, conscience, un appel clair à prêter attention.
Écoutez attentivement les paroles. Elles traversent le bruit de part en part. Et dans un monde qui a désespérément besoin de clarté, la voix et la vérité d’Ariana Gillis ne peuvent être ignorées.

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À propos de l’auteur
Stevie Connor est un polymathe de la scène musicale né en Écosse, reconnu pour son travail de musicien, compositeur, journaliste, auteur et pionnier de la radio indépendante. Il est compositeur contributeur sur The Chase, l’album certifié or du groupe de rock celtique Wolfstone, illustrant sa capacité à marier les traditions musicales à des sonorités contemporaines.
Stevie est cofondateur de Blues & Roots Radio et fondateur de The Sound Café Magazine, deux plateformes devenues des carrefours mondiaux pour le blues, le roots, le folk, l’americana et les musiques du monde. À travers ces initiatives, il a amplifié des voix issues de paysages musicaux variés, créant des passerelles durables entre artistes et publics à l’échelle internationale.
Jurée respecté de grands prix nationaux, dont les JUNO Awards et les Canadian Folk Music Awards, Stevie poursuit, avec une passion profonde pour la musique et le récit, un travail de fond qui relie cultures et genres.
Stevie est également journaliste vérifié sur Muck Rack, une plateforme mondiale reliant journalistes, médias et professionnels des relations publiques. Il a été le premier journaliste mis en avant sur le classement Muck Rack 2023, une reconnaissance soulignant la fiabilité, la visibilité publique et l’impact de son travail. Cette distinction met en lumière son engagement constant envers la transparence, la crédibilité et la mise en valeur d’une musique d’exception.
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